Nous ne sommes pas tous égaux face à nos émotions. Certains arrivent à maîtriser ce flot intérieur et d’autres réagissent de manière excessive face à une situation ou un événement et se sentent souvent submergés.
Si vous êtes en train de lire cet article c’est que l’hypersensibilité vous parle, personnellement ou indirectement. Quand on découvre l’hypersensibilité, quand on se reconnaît dans ce tempérament, on arrive rapidement à se demander quelle est la différence entre l’hypersensibilité et l’hyperémotivité. Voici donc des précisions qui vous permettront de mieux comprendre l’hyperémotivité et d’en faire la distinction avec l’hypersensibilité.

 

Qu’est-ce que l’hyperémotivité ?

L’hyperémotivité c’est une sensibilité accrue aux émotions et à la manière de les gérer. Cela entraîne une réaction inadaptée et souvent excessive.

Une émotion naît de l’intérieur de soi, c’est une sensation qui nous dit qui nous sommes et qui nous met en relation avec le monde. Elle nous informe et nous guide sur ce que nous aimons et ce que nous détestons.

Tout comme l’hypersensibilité, l’hyperémotivité n’est pas une maladie mais un trait de caractère. Elle se manifeste au fur et à mesure de ce que nous expérimentons dans notre vie. On peut se rendre compte qu’un enfant est hyperémotif car on le trouve trop introverti ou au contraire extraverti, ou colérique. Mais l’hyperémotivité peut aussi se révéler suite à un évènement traumatisant ou à un choc émotionnel.

L’hyperémotivité peut se manifester soit de façon intériorisée, soit de façon extériorisée et on peut osciller entre les deux suivant le contexte.

  • L’hyperémotivité intériorisée : on va intérioriser toutes nos émotions et on peut être perçu comme quelqu’un de fragile ou au contraire de dur et de froid car on n’exprime rien. Si extérieurement, on peut parfois sembler imperturbable, à l’intérieur c’est un véritable combat qui se livre. Cette non-expression de nos émotions est autodestructrice car au bout d’un moment ce flot intense va chercher à se libérer. Imaginez une cocote minute qui augmente en pression et qui ne peut pas libérer cette force. Au bout d’un moment, elle explose. Malheureusement c’est souvent dirigé contre soi-même. On va somatiser, c’est-à-dire que notre corps va évacuer cette émotion, parfois très rapidement, et on va prendre sur nous jusqu’à nous en rendre malade : maux de ventre, syncope, malaise… et cela peut même aller beaucoup plus loin.

Hyperémotivité intériorisée

  • L’hyperémotivité extériorisée : les émotions vont s’exprimer dans tous les sens : crise de colère violente et regrettée 3 secondes après, pleurs, cris… on a du mal à se contrôler et on arrive à avoir peur de ses propres réactions. Le corps s’agite, la parole s’emballe, on est dans un état intense d’excitation. Cette réaction est perturbante pour soi-même car il devient, par exemple, difficile de rester concentré pour son travail mais aussi pour les autres qui perçoivent cette pression intérieure.

 

Comment savoir si je suis hyperémotif ?

Certaines manifestations sont caractéristiques de l’hyperémotivité.

  • Une forte réaction émotionnelle à des évènements, paroles ou comportements qui ne font pas réagir les autres avec autant d’intensité.
  • Un débordement émotionnel qui dépasse toute logique.
  • Une durée ou une fréquence des manifestations émotionnelles plus élevées.
  • Une forte impulsivité.
  • Une irritabilité, des sautes d’humeur…
  • Une peur du changement ou de l’inconnu.
  • Une forte anxiété allant jusqu’à de la panique.
  • La sensation de toujours être sur le qui-vive.

Hyperémotivité peut entraîner un repli sur soi pour

 

L’hyperémotivité peut aussi se manifester physiquement :

  • Des rougeurs au visage.
  • Des palpitations.
  • Une transpiration excessive en situation de stress.
  • Des tremblements des mains et du corps.
  • Un débit de parole qui s’accélère entraînant parfois une impossibilité de parler ou un bégaiement.

Ces différentes manifestations peuvent être handicapantes dans notre quotidien et entraîner un repli sur soi par peur de se confronter au regard des autres et de les affronter. Mais il est possible d’apprendre à gérer son hyperémotivité et à mieux la vivre pour en faire une force.

Comment gérer son hyperémotivité ?

Si cette hyperémotivité vous pèse dans votre quotidien et vous freine dans votre réalisation de vous-même, voici quelques conseils qui peuvent vous aider à calmer ce flot intérieur et à canaliser vos émotions. Ce sont des conseils que j’applique moi-même et qui ont donné de bons résultats. Aujourd’hui, j’ai plus de facilité à accueillir sereinement mes émotions et à poser une décision plus adaptée et qui contribue à mon bien-être. Cela ne s’est pas fait en un jour mais la persévérance, la patience et la douceur ont été mes meilleurs alliés.

  • La relaxation et la méditation peuvent aider à créer un espace d’accueil en nous. Cet espace permet d’avoir le recul nécessaire pour ne plus se sentir submergé par les émotions.
  • Diminuer le stress permet de ressentir tout autant mais on s’accroche moins à ce qu’on vit. On n’amplifie plus ce qu’on ressent déjà fortement, ce qui diminue la souffrance.
  • Pratiquer le lâcher-prise apporte plus de sérénité et de calme intérieur. Ce travail sur ses pensées apporte plus de clarté et permet de prendre conscience des limites de ce qu’on peut faire ou pas. Agir autant qu’on peut et quand on le peut mais ne pas souffrir de ne pas pouvoir agir.

«Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.» Marc Aurèle.

  • Apprendre à poser ses limites et à ne pas s’oublier dans nos relations aux autres. S’occuper des autres mais pas au détriment de notre propre bien-être.

Peut-on être hypersensible et hyperémotif ?

L’hypersensibilité et l’hyperémotivité vont souvent de pair. L’hypersensibilité est une exacerbation de nos perceptions. On vit et ressent le monde qui nous entoure, mais aussi notre monde intérieur, sans filtre. L’hyperémotivité est une conséquence de l’hypersensibilité. Nous apportons une réponses non-adaptée à notre environnement parce que nous sommes en hyperstimulation, c’est-à-dire que les différents stimuli externes et internes viennent saturer notre capacité de traitement et se confronter à nos valeurs. Ces stimuli sont les déclencheurs de l’hyperémotivité.

On n’enlève pas notre hyperémotivité, on apprend plutôt à mesurer cette grande capacité que nous avons à ressentir plus fortement les choses. Ce n’est pas un « problème » ni une « malédiction » mais bien un véritable cadeau. Apprenons à nous aimer et à être qui nous sommes, sans honte et sans culpabilité. Apprécions ce tempérament qui colore magnifiquement notre vie.

Et vous, comment vivez-vous votre hyperémotivité au jour le jour ?

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