Note : Cet article invité est un témoignage de Coralie du blog Tu peux le faire.

En Octobre dernier, j’ai découvert le blog Sereine hypersensibilité de Gaëlle. Il a été source de prises de conscience. J’ai compris que je devais assumer mon hypersensibilité et m’en servir davantage ! Avant de vous dire pourquoi, un petit flash-back s’impose.
À l’adolescence, j’ai commencé à me rendre compte de ma sensibilité. Je ressentais et percevais des choses qui n’effleuraient ni mon entourage familial ni mes amis. Je posais beaucoup de questions pour donner du sens à tout ce ressenti. Mes questions surprenaient (voire agaçaient) mon entourage !
En réalité, j’étais en empathie totale (en mode éponge). Je captais les émotions des autres, les non-dits, les tensions dans l’air. Je voyais des détails invisibles pour mes proches. Ma sensibilité me donnait une forme d’hyperconscience. C’était « ma norme » et malgré tout, cela me perturbait et me fatiguait. J’avais besoin de plus de repères, de calme, de délicatesse et de sécurité que les autres.  Il m’était difficile de l’exprimer parce que je ne voulais pas faire de problème ou de demander un traitement de faveur.
Je vivais donc ma sensibilité comme un gros inconvénient. Elle me rendait vulnérable et différente des autres. À 15 ans, je ne voulais pas être différente des autres. Je voulais leur ressembler. En plus de ma sensibilité, j’avais un prénom « trop original », des parents divorcés, un frère turbulent… Je voulais sans doute plus que les autres me fondre dans la masse, ne pas faire de vague, ne pas me faire remarquer.
Une fois étudiante, mes amis m’appelaient « maman » parce qu’en bonne hypersensible, j’avais une forte tendance à anticiper, organiser et gérer les choses. Je n’avais pas leur insouciance ou leur légèreté. Ils venaient me voir et me confiaient leurs problèmes, comme si je pouvais les aider (grâce à mes capteurs exacerbés et ma fonction « éponge ».)
Mon métier de commerciale à l’export m’a ensuite fait vivre une vie à la fois excitante et mouvementée. À 26 ans, j’ai senti que j’avais besoin d’autre chose sans avoir aucune idée de quoi. Et c’est en prenant soin de mes besoins que j’ai découvert les aptitudes que m’offrait ma sensibilité. Je me suis initiée au massage et à la relaxation pour finalement en faire mon métier. À 31 ans, je commençais ma vie de thérapeute pour laquelle j’avais suivi une formation.
Ma vie est devenue beaucoup plus simple, des portes se sont ouvertes en grand et j’ai commencé à profiter de la fluidité et de la joie de vivre. J’ai aussi continué à vivre des moments éprouvants en faisant ce que j’aimais, car c’est en m’autorisant à faire ce que je voulais que m’ont été révélés les croyances et les blocages que j’avais encore à dépasser. Sans action, pas de prises de conscience. L’inertie ne mène nulle part.
À 33 ans, j’ai écrit un premier livre où j’ai pu exprimer ce que je percevais et aider les autres à « Vivre simplement … changer de regard sur la vie ». Mettre tout cela sur le papier m’a fait beaucoup de bien et je me suis rendu compte que cela faisait aussi du bien aux autres.
L’hypersensibilité, que j’ai longtemps vécue comme un fardeau parce que je niais mes besoins, devenait un atout.

« L’huître forme une huître à partir d’un grain de sable qui la dérange. Ainsi, d’un problème dans sa vie, elle fait une œuvre d’art… »
O. Mikhaël Aïvanohov – Philosophe, enseignant spirituel.

Aujourd’hui, je considère que l’hypersensibilité a eu pour but de me pousser à me respecter, à être moi (me montrer telle que je suis, l’assumer) et en définitive faire ce pour quoi je suis faite. C’est le sens que je lui donne et c’est le sens de ma vie : servir les autres grâce à mes perceptions hyper développées. Révéler ce que je perçois pour ceux qui ne perçoivent pas. Les encourager à prendre conscience de leurs besoins, se respecter, s’aimer. Pour cela, j’utilise toujours aujourd’hui deux supports : le massage holistique et l’écriture (livres et blog).
J’accompagne les gens à accoucher d’eux-mêmes et réaliser leurs rêves (le sens de leur propre vie), c’est-à-dire à se réaliser. Je fais ce que j’aurais aimé que l’on m’aide à faire. Et parce qu’il n’y a pas de hasard – tout est énergie – j’attire des gens qui me ressemblent. Il m’est facile de les aider parce que je connais leurs problématiques et que mes souffrances sont devenues des atouts.
Être hypersensible peut être un calvaire quand on ne sait pas de quoi il s’agit. Cela rend réceptif par nature et peut créer des perturbations en tous genres. Nous sommes poussés à nous écouter et nous respecter. Nous sommes obligés de trouver des moyens de baisser l’intensité et d’apprendre à canaliser. C’est plus facile lorsque quelqu’un vous explique de quoi il s’agit et comment le gérer, merci Gaëlle !
L’hypersensibilité pousse vers l’essentiel : être soi afin que la vie devienne plus simple et fluide. Nous sommes comme des antennes super sensibles qui captent l’extérieur (avec leur sens), comme l’intérieur (intuition, conscience supérieure). Il nous appartient d’en faire quelque chose, pour nous et pour les autres. De l’exprimer d’une manière ou d’une autre, que nous en fassions notre métier ou non.

Considérer ainsi sa sensibilité est la première étape pour en faire une force. Cela demande du temps et des expériences pendant lesquels ce potentiel se développe. Cette puissance intérieure, c’est se sentir en accord avec soi-même et à sa place.
C’est vrai pour tous les êtres humains et plus encore pour les hypersensibles, parce qu’à mon sens, c’est le message de la sensibilité… qui permet d’accéder aux autres messages que notre vie veut nous enseigner. Et en tant qu’être vivant, nous avons des messages et des différences à partager aux autres afin que les pièces du puzzle de la Vie s’emboitent dans l’harmonie.

 

Née en 1970. Licence en commerce international. Salariée en France et à l’étranger pendant 8 ans. reconversion en tant que thérapeute (2001) en massage holistique, relaxation et formatrice en gestion du stress. Auteur de « Vivre simplement, simplement vivre. Changer de regard sur la vie ». Editions du Dauphin, 2004. « Enquête de soi », Edilivre, 2012. Pour retrouver Coralie, je vous invite à visiter son blog : Tu peux le faire et sa page facebook.

 

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